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Actualités El Jadida // La chronique

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Ajouté le 02 Novembre 2012
Par le membre eljadida.com

 

Panique dans la Bechkira

 

Auteur : Pierre Larue

Eljadida.com

 

 

 

Depuis le néolithique ancien, les populations du littoral atlantique inventèrent des systèmes de pièges à poissons ingénieux, en utilisant les matériaux trouvés sur place. Ce fut le cas en Bretagne où des traces de structures en pierres, actuellement submergées, datant de 7 000 ans avant JC, visibles par avion, témoignent de ces anciennes techniques de pêche aujourd'hui révolues en Europe.

Au bord de la côte atlantique marocaine, les terres de la région des Doukkala sont particulièrement caillouteuses. Pour délimiter leur parcelle tout en nettoyant leur sol, les paysans locaux utilisèrent ce matériau surabondant.

Dans les années 50, de nombreux barrages en pierres savamment superposées, visibles à marée basse, jalonnaient le littoral en commençant par la portion de plage comprise entre les ruines du cazino et la petite jetée, au Moun à côté de la cité portugaise, au niveau du quartier Moulha et enfin le secteur rocheux avant la plage de Sidi Bouzid. Les Mazaganais appelaient ces murets en pierre mochkeras ou bechkiras déformation du mot portugais peiskeiras.

Pour fonctionner efficacement, ces anciens pièges à poissons de formes semi circulaires, ouverts face au rivage, devaient impérativement être submergés pendant la pleine marée haute. Aucun obstacle ne devait arrêter les poissons qui s'engouffraient portés par le flot pour venir se nourrir. L'astuce provenait d'une ou plusieurs brèches créées volontairement dans le milieu de l'édifice et laissées ouvertes pendant des semaines voire des mois. Le poisson prenait l'habitude d'attendre l'ultime limite du jusant pour regagner le large par ces ouvertures qu'il avait mémorisées. A un mystérieux moment de la précédente marée basse, l'utilisateur de la bechkira décidait de fermer complètement les pertuis. A la marée descendante suivante, la masse d'eau diminuait inexorablement par son exfiltration vers le large, à travers les espaces existants entre les pierres, piégeant sur une belle longueur toute une faune marine imprudente, composée principalement de mulets, soles, raies pastenagues, torpilles, anchois et seiches.

Un après-midi de l'été 57, avec quelques amis, nous avions décidé de profiter de l'absence de houle et d'une eau limpide pour organiser une partie de chasse sous-marine au lieu dit les Aloès, près de la route du littoral, à mi-chemin entre le phare de Sidi Bou Afi et les dunes de Sidi Bouzid. Nous remarquâmes deux pêcheurs à pied observant une retenue d'eau bouillonnante fermée par une bechkira.

En nous approchant nous comprîmes qu'ils avaient réussi à capturer un important banc de poissons. Sachant que toutes les issues étaient condamnées pendant encore une bonne heure, ils me permirent de
m'immerger avec palmes masque tuba au milieu de ce grouillement de vie. Ce fut un éblouissement. De grosses saupes affolées cherchaient en vain une issue pour recouvrer leur liberté. L'arbalète armée, je palmais dans rien d'eau pour propulser à plusieurs reprises ma flèche sur ces cibles faciles. A l'étale de marée basse, les pêcheurs harponnèrent méthodiquement tout le banc.

Pour nous tous, ce fut un moment exceptionnel de découvrir une technique de pêche archaïque certes, mais redoutablement efficace, grâce à des connaissances empiriques transmises aux hommes depuis la nuit des temps. Contrairement aux filets qui capturent tout à l'aveugle, la bechkira est une méthode parfaitement écologique. J'ignore si aujourd'hui ces pièges traditionnels fonctionnent encore.

Pierrot LARUE (à Mazagan de 49 à 58)

 

 

 

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Commentaires sur cet article

 

1. ABDOUSS Elmostafa (08/11/2012 . Id:10697)

Bonjour et mille merci à M. Pierrot LARUE, qui a su magistralement décrit la construction et l'exploitation des "Bechkira".
J'ai lu votre article avec beacoup d'intérêt, qui a suscité en moi une certaine nostalgie immuable, et des souvenirs d'enfance qui m'acompagnent toujours en dépit de mes 67 ans au compteur, puisque, moi aussi, j'aime à la folie ma ville natale Mazagan.
Permettez-moi à cette occasion, d'ajouter un bémol à ce qui vient d'être dit sur les "Bechkira":
M. Berrada père était un octogénaire encore leste et valide, d’aspect brun, se coiffait d’un fez rouge, barbe blanche, paire de lunettes à verre épais, habillé traditionnellement d’une djellaba, chaussant une paire de babouches jaunes, se servant le plus souvent d’une canne qui l’aidait à marcher.
Il était généreux et possesseur d’un espace en pleine mer, situé à proximité de la coupole de l’Ermite Sid Daoui, pour y ériger un mur en arc de cercle, constitué de pierres appelé en jargon mazaganais (Bechkira) : une sorte de digue servant à empêcher les poissons de s’échapper lors du reflux de cette mer nourricière appelée communément « Mer de Sid Daoui ».
Après le ramassage des gros poissons piégés dans le « Bechkira » effectué par le gérant qui n’était autre que feu Ronda le grand champion du baby foot, la population environnant Sid Daoui, généralement nécessiteuse, est donc autorisée à s’approprier le restant des poissons ;
A titre de rappel, je signale que cette zone exploitée depuis belle lurette par la famille Berrada, comprenait en sus du « Bechkira », un bassin dénommé par les Mazaganais « Charij lebgar », qui était une sorte de petite piscine construite naturellement en pleine mer, où l’on apprenait à nager dès notre jeune âge, avant d’accéder au Moon «la jetée », réservé pour les enfants et les adultes qui savaient déjà nager.

Extrait partiel de mon opuscule intitulé "les faits et méfaits des Mostafa Mazaganais".

2. abdelmounaim (10/11/2012 . Id:10700)

très beau récit que de souvenirs

 

 

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